On parlait récemment des fermes de contenus. Elles fonctionnent sur un principe simple : anticiper les tendances de recherche et écrire des articles en se basant directement sur ces requêtes populaires. Les journalistes utilisent cette petite technique aussi.
Ce n’est pas une mauvaise idée en soi. Moi aussi, pour trouver un bon titre ou la meilleure formule clé à insérer dans un title, j’utilise le générateur de mot-clé Google. On ne peut pas condamner cette façon de faire, qui va au bout de l’objectif de servir les internautes. Mais trouver une idée d’article et affiner son vocabulaire en fonction des requêtes… la démarche est-elle différente ?
Il faut du trafic, il faut plus de notoriété, il faut des lecteurs… donc il faut une bonne idée. Savoir ce que les gens cherchent. Savoir ce qui les intéresse. A part les multiples tests utilisateurs, sondages et statistiques de trafic du site, Google propose des outils pour connaître les tendances de recherche, ou les associations de mots-clés qui sont souvent recherchées. Génial, j’ai mon idée.
Titre, article optimisé, publication, analyse des statistiques : youpi. Ca a marché. J’ai écrit un article pour répondre à une requête effectuée par beaucoup d’internautes. Maintenant, en plus d’attirer du trafic, il s’agit que l’article réponde à un vrai « besoin », que les internautes le lisent, l’apprécient, le partagent, le gardent en favoris ! Sinon, où est l’intérêt…
Il faut du trafic, mais pourquoi ? Accroître sa notoriété, gagner de l’argent ?
Là, on prend les choses dans l’autre sens. A la base j’ai une idée, une demande à satisfaire, un message à communiquer, un angle d’approche. Et pour aller vraiment au bout des choses, j’utilise les outils Google pour savoir comment les internautes cherchent des renseignements sur le sujet donné. Quel mot-clé est prioritaire ? Je ne peux pas me fier à mes intuitions, il faut vérifier les chiffres concrets.
L’objectif est atteint, le client est satisfait, les retours sont positifs. Google m’a aidée à optimiser au mieux mon article. Il s’agit encore d’attirer des visiteurs qualifiés.
Communiquer un message, c’est bien. Le référencer, c’est encore mieux !
Certes, la démarche est différente, mais les deux sont-elles vraiment opposées ? Dans les deux cas, on cherche à intéresser le lecteur, à optimiser son article, à fournir du contenu pertinent (peut-être plus dans un cas que dans l’autre)… Que ce soit pour trouver un sujet à exploiter ou affiner les termes utilisés, le générateur de mot-clé Google est un bon guide, il faut l’admettre.
Pourquoi écrire en fonction des requêtes des internautes ? Parce que c’est la raison d’être de tout rédacteur : être lu. Après, soit c’est le point de départ du processus de rédaction, soit on ajoute cet aspect par la suite. Selon le rédacteur, les enjeux, le contexte, et tant d’autres choses.
Pourquoi ne pas le faire ? Parce qu’on ne pense qu’à exprimer son point de vue, parce qu’il n’y a pas d’enjeu référencement. On va laisser ceci de côté.
Ecrire en fonction des requêtes, c’est penser référencement. A chaque fois qu’on rédige pour le web, on y pense. Mais on n’écrit pas que pour répondre à une requête (sauf dans les fermes de contenus) : on écrit aussi pour communiquer. Ce n’est pas le fait d’écrire en fonction des requêtes qu’il faut blâmer, c’est le fait de s’intéresser ou non au futur lecteur.
Et vous, que pensez-vous des deux cas exposés ci-dessus ? Avez-vous un avis bien tranché sur la question ? Cela nous intéresserait de connaître votre point de vue ! :)
(marie-eve)
Pour compléter ton article j'en avais écris un sur l'utilisation de la longue traîne. Ainsi en regardant les requêtes tapées par les internautes pour arriver sur le blog, on peut optimiser les articles existants et trouver de nouvelles idées d'articles.
Je l'avais vu passer il me semble.
Le générateur de mots-clés est un bon outil pour trouver des idées d'articles, mais à exploiter intelligemment. :)
Merci !
Dans tous les cas, si le contenu est riche (au niveau sémantique), une majorité d'internautes arrivera aussi via des requêtes de type longues traînes.
(D'ailleurs, combien d'internautes tombent sur notre série d'article "Bien cuisiner ses contenus" (http://www.redactio.fr/bien-cuisiner-ses-contenus.html) en cherchant "bien cuisiner" ou "apprendre à bien cuisiner". ^^)
En outre, si cette tactique permet de gagner en visibilité sur des termes que l'on ne maîtrise pas, elle ne permet que de suivre une tendance connue. En revanche, elle ne permet pas de susciter de nouveaux intérêts. Ainsi, quand on se veut leader, on peut difficilement se contenter de suivre. Au contraire, il faut s'imposer avec du neuf.
Si l'on veut s'imposer avec du neuf, il pourra être intéressant d'affiner son vocabulaire en fonction des requêtes (cf le cas n°2 de cet article), pour que l'idée neuve ne soit pas perdue dans les dernières pages de résultats. :)
- détecter les demandes chaudes et écrire autour de ces sujets plébiscités par les internautes (en se basant sur les outils de Google)
- faire écrire les nombreux contenus par des rédacteurs freelance, payés à des coûts très bas, répartis un peu partout aux Etats Unis.
Résultat : un trafic à faire trembler le NYTimes Himself avec 25 millions de visites par mois...(en principe le NYTimes sera dépassé cette année en audience..), des revenus publicitaires également sur le point de passer devant ceux du NYTimes, le tout ... en moins de 5 ans.
Concrètement dans les lignes nous sommes loin de la qualité d'un journalisme d'investigation... mais la recette du low cost a séduit le plus grand nombre.
Ils jouent d'ailleurs sur d'autres leviers dont l'identité FaceBook des lecteurs ou Twitter, pour diffuser systématiquement tous les commentaires laissés par les lecteurs de leurs articles connectés avec leur profil FB ou Twitter (effet boule de neige exponentiel pour le coup).
Ils viennent d'être rachetés par Aol pour 315 millions de dollars ...
De là à les qualifier de ferme de contenus, non je ne pense pas, preuve qu'il existe une étape intermédiaire, ou la limite est fine.
Le HP s'est imposé comme un journal de référence majeur aux EU, reconnus, comme s'en émeut Erik Izraelewicz, nouveau Directeur du Monde :
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jBR-vzK5_s_Q28wBowBgj7HvMvUw?docId=CNG.4c35386e11049bfe983d2dbf56383f56.121
Le monde bouge.. sans mauvais jeu de mots.