La course en avant de l’info est effarante, démultipliée par la facilité de publier soi-même sa propre contribution, dopée par les innombrables manières de la diffuser (réseaux sociaux, blogs…). La bonne info, celle qui est officielle, crédible, indiscutable, se cache parmi les millions de pages indexées en temps réel par Google. Tout va très vite, et parfois les précautions les plus élémentaires ne sont pas prises.
Les questions qu’on doit se poser tiennent dans le creux d’une main : qui a écrit cela ? Est-ce que cette personne est référente dans son domaine ? Est-ce que cette info est validée ? Quand a-t-elle été publiée ? Très souvent, ces précautions ne sont pas prises, parce qu’on n’a « pas le temps »…sous-entendez : « Si je ne relaie pas cette info dans les 10 minutes qui suivent, elle sera déjà trop vieille et j’aurai un train de retard ». Les exemples sont nombreux, de « rumeurs » qui ont circulé à la vitesse de la lumière sur le web, même de grandes rédactions s’y sont laissées prendre. Alors prenons le temps de la réflexion, de l’analyse, de la vérification avant de suivre le mouvement…
Mais cette instantanéité est aussi la grande force d’Internet. Les utilisateurs sont régulièrement au cœur de l’actualité : aux premières loges en cas de conflit ou encore de séisme, ils sont les témoins privilégiés des secousses qui ébranlent notre planète. Ils filment avec leurs portables, alimentent leur Twitter… Grâce à Internet, le monde en marche est reflété sur le web, brut de décoffrage et en temps réel. Mais là où on peut découvrir des témoignages essentiels, on trouve aussi des infos plus futiles, sans hiérarchie. Et vite, très vite, on oublie et on passe à autre chose. Puisqu’Internet est un formidable vivier d’infos, on sait tout mais au final que sait-on vraiment ? On vit dans le présent, on consomme frénétiquement les news au quotidien, et au final on se souvient mal ce qui s’est passé hier.

Internet représente une force extraordinaire et inédite. C’est aujourd’hui mon outil de travail, et ma première source d’information. Mais, sans cesse, je vérifie ce que je dis ou écris, et je ne prends jamais pour argent comptant les contenus qui me sont proposés, même en première page de Google. Se poser des questions, c’est essentiel. Et se plonger dans un journal papier de temps en temps, cela permet de prendre du recul. Et si en plus çà se passe sur une terrasse, avec du soleil et une bonne bière…
(nathalie)