A la ferme, on élève des animaux pour bien manger, et pour se faire des sous. Sur le web, on « élève » des contenus un peu pour les mêmes raisons, sur les fameuses fermes de contenus. « Content spinning » (contenu réécrit de manière automatique) ou contenu produit à la chaine à prix discount, leur vocation est de générer du trafic.

Monétisation, monétisation

Vous avez peut-être vu émerger des sites qui vendent des textes originaux (comprendre : uniques) sur diverses thématiques, à bas prix. On les appelle fermes de contenus. Vous pouvez visiter la ferme, parcourir les clapiers de contenus en vente, pas chers, et agrémenter votre site.

Ceux qui achètent des contenus sur ces fermes de contenus n’ont qu’un objectif en tête : le trafic. Le contenu n’est pas forcément étudié ni personnalisé, on mise surtout sur les espaces pubs pour monétiser. Or, rien n’est garanti, et en plus, à part faire gagner de l’argent au propriétaire, ces sites de « contenu » ne servent à rien. Ils ne servent pas l’intérêt public, l’intérêt des internautes, c’est à dire l’intérêt de vous et moi.

Quoique… Les rédacteurs qui publient des articles sur commande sur les fermes de contenus peuvent produire du contenu de qualité, avec une approche originale, qui répondra tout à fait à l’attente d’un internaute. C’est possible, selon le rédacteur, non ? Sauf que l’on ne choisit pas un rédacteur, on choisit un thème, un titre d’article et on met dans le panier. On ne s’intéresse même pas tellement au fond du contenu d’ailleurs.

Les acheteurs ne consacrent pas tous leurs moyens à répondre à une réelle attente. Ils consacrent le moins de moyens possible et tentent de rentabiliser l’affaire.

fermes contenuRédacteur ou éleveur de contenus ?

Les fermes de contenu tendent à dévaloriser le métier de rédacteur. Attention, je ne voudrais pas porter atteinte aux rédacteurs qui produisent des contenus de ce type. Mais pour Redactio, la rédaction de contenus ne se limite pas à écrire un article en fonction des requêtes des internautes.

En fait, quels que soient la plateforme et le client pour lequel il rédige, le rédacteur a le choix. Il peut s’impliquer dans un projet bien réfléchi, et créer un contenu tout frais tout beau en écoutant attentivement les besoins de son client, les attentes des futurs utilisateurs, etc. Il peut y passer du temps et aussi justifier d’un prix plus élevé. Parce que Content is King. Ou bien, il peut écrire des contenus à la chaine, qui de toute façon ne seront pas lus, sans même connaître le futur acheteur, ni le besoin réel. Il improvise et se fait un complément de revenu. Parce que Money is King.

Certains contenus de la ferme peuvent être de bonne qualité, je ne dis pas. Tout comme une poule mal nourrie peut quand même avoir le moral et donner des œufs pas trop mal. Mais c’est toute la relation client qu’il manque, la personnalisation des contenus, l’élaboration d’une stratégie de communication. Vous me direz, les sites qui veulent monétiser s’intéressent plus à la rentabilité des espaces pubs qu’à la communication… C’est bien là le problème. 

Google n’aime pas les contenus qui viennent de la ferme

L’objectif de Google est toujours le même : fournir des résultats pertinents aux internautes. Tous les changements d’algorithme tendent vers ce but ultime : la pertinence des résultats, donc la satisfaction des surfeurs, donc la reconnaissance, la gloire, etc.

On peut penser que si Google veut lutter contre les fermes de contenus, celles-ci ne doivent pas fournir de contenu très pertinent. Effectivement, mieux vaut pour les internautes se renseigner sur un blog spécialisé, tenu par un professionnel de la question, que sur un magazine de tout et n’importe quoi.

Bonne nouvelle pour nous, rédacteurs web ! Notre travail mérite sa place dans les résultats jugés pertinents par Google. Si Content is King, c’est parce que User is King, on ne le dira jamais assez.

Conclusion

Éthique, rentabilité, pertinence… que penser des fermes de contenus ? Comme tous les produits low cost, cela peut être pratique, mais pas confortable, pas sur mesure, pas réellement adapté aux besoins. La rédaction web demande une réflexion éditoriale stratégique. Plus qu’un simple produit en vente, c’est un service et un accompagnement que les rédacteurs web peuvent apporter.

Entre rentabilité et qualité, sommes-nous obligés de choisir ?

Liens complémentaires :

Sur Internet, des pigistes en batterie (L’Express)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous devez remplir ce champ
Vous devez remplir ce champ
Veuillez saisir une adresse de messagerie valide.
Vous devez accepter les conditions pour continuer

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.